A pied dans le parc

Quand on se lève, les premiers rayons timides atteignent les sommets, la vallée est encore dans l’ombre. Une petite brume s’accroche aux pentes verdoyantes entre le Col du Lautaret et Villar d’Arène. On sent une fraîcheur agréable qui contient la promesse d’une belle journée. Le café nous réchauffe pendant qu’on regarde la lueur poindre sur La Meije et les glaciers. La nature en réveil nous enveloppe de sa quiétude.

Nous commençons notre marche doucement pour garder en nous cette paix matinale aussi longtemps que possible. Au début, on marche le long de la rivière où l’eau rebondit de caillou en caillou. Quand, un peu plus haut, on rejoint le soleil, c’est avec une pointe de nostalgie pour ce moment privilégié avant que le jour ne prenne le dessus. En même temps, la chaleur douce du soleil nous invite à prendre un moment pour nous laisser éblouir.

La montée se fait raide quelque temps et nous reprenons notre souffle en essayant d’apercevoir la cascade au pas d’Anna Falque, jeune fille qui d’après la légende, tomba dans les eaux tumultueuses en-dessous au petit matin. Elle avait désobéi à sa mère en quittant l’alpage de Villar d’Arène pour aller fêter la Saint Jean en bonne compagnie au Pied du Col. Terrible la vengeance des cieux ! Encore quelques serpentins de sentier, une petite traversée avec vue sur la vallée jusqu’au Plateau d’Emparis, et nous enjambons le dernier rocher pour nous retrouver dans une idylle perchée où la Romanche a creusé ses méandres turquoises dans une plaine fleurie entre deux montagnes.

Un peu plus loin, quelques marmottes se prélassent au soleil sur les rochers à droite du sentier. Alertées par notre passage, elles se dressent sur leurs pattes arrière, peut-être en se demandant s’il faut se réfugier au terrier ou pas. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ici, au seuil du Parc National des Ecrins, les animaux sauvages sont chez eux.

Nous continuons notre chemin au fil de l’eau. Au pont de Valfourche, elle coule vite sous nos pieds, le vert laiteux formant un beau contraste avec le rose des rhododendrons sur les bords. Le torrent se fait de plus en plus timide au fur et à mesure qu’on se rapproche de sa source. Chaque rocher invite à une pause au soleil. Quand l’eau n’est plus qu’un filet, on succombe à la tentation de la sieste. L’herbe semble si verte au pied des glaciers.

Avant que la lumière ne s’estompe nous rebroussons chemin pour trouver notre havre pour la nuit à l’alpe de Villar, jadis hameau d’alpage pour les habitants de Villar d’Arène. Aujourd’hui, deux refuges vous y accueillent, le refuge de l’Alpe de Villar et le refuge de Chamoissière. Vous n’y serez dérangés que par les marmottes et les vaches.

Le soir, le corps content et la tête reposée, nous retrouvons la quiétude de ce matin, ponctuée seulement par les cloches des vaches. Les hauts sommets ont revêtu leur robe de soirée teintée de rose. Demain, nous irons taquiner les glaciers et les moraines au col d’Arsine. Nous avons prévu de partir à l’aube, dans l’espoir d’apercevoir quelques chamois avant que la chaleur du soleil ne les incite à se cacher dans l’ombre.

La meilleure façon de découvrir le Parc National des Ecrins est de s’y promener à pied.

Les Sources de la Romanche : facile, mais assez long (15 km, 500 m de dénivelé au départ d’Arsine). Le col d’Arsine et le lac du glacier d’Arsine : facile, mais long (19 km, 800 m de dénivelé au départ d’Arsine ; 8 km, 380 m au départ de l’Alpe de Villar.)  
Trouvez votre itinéraire dans le parc sur le portail Rando Ecrins

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