Balade patrimoniale au fil de la Clarée

Val-des-Prés et la maison d’Emilie Carles

Emilie Carles est née en 1900 à Val-des-Prés. Elle y a été institutrice en 1923-1924 pour la première fois et fut nommée définitivement à Val-des-Prés en 1951, après avoir été nommée dans d’autres villages des Hautes-Alpes, notamment aux Alberts. Adorant l’école et particulièrement la lecture, Emilie Carles a obtenu son certificat d’étude à 12 ans. Cependant, ces années d’études ont été difficiles car, avant d’aller à l’école, elle travaillait aux champs de 5h à 7h. Elle avait fabriqué un cartable en bois avec un pupitre qui se dépliait devant pour pouvoir lire en marchant lorsqu’elle allait à l’école.

Femme de conviction, à partir de 1974, elle s’engage et mobilise les habitants de la Clarée contre un projet autoroutier dans la vallée et de percement d’un tunnel sous le col de l’Echelle. Elle organisa une manifestation à Briançon en juillet 1975. Cette manifestation comptera plus de 300 personnes et tous les tracteurs de Val-des-Prés. Elle monta par la suite à Paris pour donner une conférence auprès de la presse nationale et internationale.
En 1978, son livre « une Soupe aux herbes sauvages » est publié. Elle y raconte sa vie, celle de sa vallée, son travail, les malheurs qui ont traversé sa vie et la vie à la montagne. Le livre sera adapté en téléfilm au début des années 1990, avec Annie Giradot dans le rôle d’Emilie Carles. 
Emilie Carles meurt en 1979. Ayant donnée son corps à la science, elle n’a pas de sépulture dans le cimetière de Val-des-Prés. Dans la sépulture familiale, reposent notamment son mari Jean et leur fille Jeannine, renversée en 1945 par un camion militaire.

La maison d’Emilie Carles possédait le surnom « Le Château ». Un de ses aïeux l’avait acheté pour une bouchée de pain sous le Premier Empire à un habitant de Val-des-Prés partit faire du négoce à Gênes. 
Elle possède une grande influence italienne avec la loggia aux piles toscanes à l’étage. C’est le seul exemple de ce style dans la Clarée.
Malgré son surnom et son imposante stature, cette maison était une ferme comme tant d’autres à Val-des-Prés. La maison accueillait les bêtes de la famille d’Emilie Carles, les foins et les céréales dans la grange (aujourd’hui disparue).
Au début des années 1930, avec l’essor des congés payés, Emilie et Jean Carles transforment cette grande bâtisse en auberge. La maison profite de cette transformation pour changer de nom en devenant « Les Arcades ».

Plampinet et son patrimoine religieux

Le petit hameau de Plampinet est groupé autour de ses biens communaux : l’église Saint-Sébastien, la chapelle Notre-Dame-des-Grâces, le four banal et l’ancienne école. Cela facilitait la vie du village, notamment l’hiver. 

Dominant le village, le clocher de l’église nous incite à gravir les quelques marches pour la découvrir. Dans son jardin, on peut découvrir la Croix « de Mélézet ». Les habitants de Plampinet l’auraient volé au village de Mélézet (de l’autre côté du col de l’Echelle) pour se venger d’une coupe de bois non payé. Ceux de Mélézet auraient à leur tour volé quelques bêtes du troupeau des Thûres. 

La chapelle Notre-Dame-des-Grâces est le premier lieu de culte de Plampinet. Les peintures murales représentent des passages de la Bible, notamment les vertus, leurs vices et les châtiments. 

Ville-Haute : les maisons traditionnelles

Les maisons traditionnelles sont adaptées aux rigueurs du climat.
La toiture est en planche de mélèze ou bardeaux. Chaque planche est striée de petits canaux pour faciliter l’évacuation de la pluie.

La grange est très grande et parfois sur plusieurs niveaux pour accueillir le foin, le seigle, le regain, les céréales, les fagots et le bois de chauffage. Elle doit être aérer, on retrouve donc souvent des ouvertures en triangle.

La circulation des hommes et des bêtes est particulière, on ne retrouve cette particularité qu’en Guisane. On appelle ce type de maison « maison à court fermée et circulation intérieure totale ». C’est en effet par un escalier intérieur que l’on accède aux étages, et non par une circulation en balcon, comme on peut les retrouver en Vallouise.
L’entrée est commune aux bêtes et aux hommes avec 3 espaces voûtés : l’étable, la cuisine et la pièce à vivre.

Les chalets d’alpages dans la Haute vallée de la Clarée

Ces chalets en altitude, habités de façon saisonnière pendant l’estive, abritent aujourd’hui principalement des résidences secondaires. Leur nombre important dans la Haute vallée de la Clarée témoigne d’une population élevée dans la vallée au milieu du XIX° siècle, et d’une activité agricole prédominante.

Les habitants avaient souvent deux chalets d’alpages temporaires.
Le premier chalet, situé entre Névache et Fontcouverte servaient aux déplacements quotidiens du début de l’été. Autour de ces chalets, étaient cultivés pommes de terres et céréales. Seule une femme restait le soir pour assurer la traite du soir et du matin.
Le second chalet de la famille est situé dans les vallons adjacents pour les foins tardifs et les pâturages.

Le chalet d’alpage est la fois grange, étable et habitation. Au rez-de-chaussée, on retrouve l’habitation, avec parfois une cave pour le fromage et le beurre. A l’étage, on retrouve comme pour les maisons traditionnelles, la grange (appelé « fenil’), construite en empilage de fûts de mélèze.

En savoir plus sur le patrimoine de la vallée de la Clarée

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