De La Grave à la Clarée – Récit d’un voyage pédestre

Cette année, nous avons décidé d’aller de vallée en vallée à pied, sans autre but que d’explorer et d’arriver au bout de notre chemin avant la nuit.

Nous démarrons au pied de la Meije avec vue sur les glaciers. Quel contraste entre ce pic emblématique qui du haut de ses 3983 m porte les glaciers en guise de jupe et les maisons en pierre entourées de champs terrassés quelques 2500 m plus bas. De La Grave, nous suivons les sous-bois agréablement ombragés le long de la rivière, un soupçon de fraicheur nous arrive de l’eau. En quelques lacets nous franchissons le verrou glaciaire où la Romanche se jette de cascade en cascade.

Pour deux jeunes randonneuses, la carotte, c’est les marmottes. Ici, il n’y a pas un virage sans trou avec terrasse. Louloute fait une halte à chaque cairn pour déposer un caillou en souvenir de notre passage et Lili à chaque cours d’eau pour se rafraichir le visage.

Nous faisons étape à l’Alpe de Villar, avant de continuer vers les imposantes moraines au col d’Arsine. Ce vallon bucolique nous offre de longs plats où le sentier sillonne entre le torrent et les prairies alpines, toujours face aux sommets jumeaux des Agneaux.

Au col, nous grimpons un dernier mur de gravats pour atteindre le lac glaciaire avec ses eaux gris laiteux, le front du glacier juste derrière. On le devine à peine, sa langue finale est cachée sous la matière morainique. Nous sommes dans le Parc National des Ecrins, aux abords de la haute montagne, tout le cirque du glacier d’Arsine face à nous.

Au fil de l’eau du glacier qui vire peu à peu au turquoise, nous descendons vers une autre vallée. Sur les versants sud de la Guisane, le massif des Cerces nous attend. Au matin, l’heure est à la grimpe. Le col du Chardonnet nous permettra de passer dans la Clarée.

Nous croyions avoir laissé la Meije et ses glaciers derrière nous, les voilà qui réapparaissent au loin. Puis les Agneaux et la barre des Ecrins se pointent derrière la crête de l’Aiguillette. Au col, seize paires de cornes de bouquetins se détachent contre un ciel un brin gris. Lili en est ravie ! A l’arrivée, elle fait le compte : 2 aigles, 16 bouquetins et je ne sais pas combien de marmottes. Un coup de tonnerre et un ciel fort assombri s’envolent vers l’Italie tandis que notre sentier descend dans une forêt d’un vert toujours plus luxuriant. Notre but, dans l’immédiat, est tout simple : plonger les pieds dans l’eau!

Le lendemain, notre petite troupe se dirige vers la haute vallée, d’un rocher à l’autre pour traverser mille et un torrents qui sautillent, entre Fontcouverte, Laval et le lac de la Clarée.

Quel bord de rivière choisir pour la sieste de midi, quand, à chaque fois, on en trouve un plus joli ? Partout, l’eau est limpide, l’herbe verte avec fleurs à foison. Tout le long, les anciens chalets d’alpage nous font du charme avec leurs murs en pierre et leurs pignons en bois joliment vieilli. Au-dessus du mélézin surgissent crêtes et sommets à parois escarpées dont la douceur des bords de la Clarée attenue l’austérité.

Une autre fois nous raconterons tout sur la suite de l’aventure. En bref, nous avons poursuivi par le chemin de ronde avec, bien sûr, un détour pour admirer les lacs Laramon et Serpent. La vue était spectaculaire sur tous ces pics à pic aux allures de Dolomites. Nous avons continué ensuite par le col des Thûres, pour goûter la cuisine des refuges à l’italienne. Le Mont Thabor trônait au fond, le lac vert a été l’incontournable balade du soir – ou du matin.

Détails du parcours et des variantes ici.

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