Balades à la découverte de l’histoire des alpages de la Meije

La vallée de la haute Romanche, au pied de la Meije, c’est la beauté des contrastes : du côté ombragé les glaciers et les sommets qui frôlent les 4000 m et du côté ensoleillé, une symphonie pastorale avec terrasses verdoyantes, prés fleuris et par ci par là des petits groupements de maisons en pierre qui se serrent autour d’un clocher, les plus hauts se trouvant aujourd’hui vers 1900 m d’altitude.

Encore au-dessus, maintes maisons d’alpage se trouvent réduites en vestiges d’un mode de vie passé.

Pour profiter au mieux de ce que pouvait offrir cette terre rude qu’est la montagne, les paysans d’antan se faisaient nomades. Au fur et à mesure que l’herbe gagnait de l’altitude, les gens et les bêtes montaient aussi. L’habitat « en étage » reflète ainsi les étapes des travaux agricoles au cours de l’année. A chaque saison son altitude.

Les villages d’habitation permanente se trouvaient en fond de vallée. A l’origine, seuls La Grave et Villar d’Arène étaient habités à l’année. Puis, au fur et à mesure que la population a augmenté, les hameaux des traverses devinrent à leur tour des « villages d’hiver ». Une partie de la famille passait l’été en bas, notamment les plus âgés et les plus jeunes. Ceux qui étaient en âge de participer aux travaux agricoles déménageaient à chaque saison. Dès que la neige avait fondu au printemps, ils partaient s’installer dans les hameaux saisonniers vers 1700 – 1900 m d’altitude en emmenant tout, de la batterie de cuisine au cochon.

Au printemps, on plantait les potagers aux alentours des hameaux saisonniers (les Rivets, le Clot Raffin, les Clots, Valfroide, les Cours et le Pied du Col) et le seigle sur les terrasses au-dessus. Les champs sont pentus, il fallait donc terrasser avant de planter. Chaque année on remontait la terre et les cailloux qui avaient glissé avec la fonte des neiges. Les hommes faisaient des allers-retours entre le hameau saisonnier et le village permanent pour s’occuper des travaux d’en bas.

Au cœur de l’été, les bêtes devaient monter aux pâturages d’altitude et ceux qui les accompagnaient s’installaient dans les « montagnes », des maisons qui se trouvaient souvent à plus de 2100 m d’altitude et qui sont abandonnées depuis si longtemps que la plupart sont aujourd’hui en ruines. Là-haut, ils faisaient les foins qu’ils stockaient dans des granges d’altitude : les « baraques ». Vers la fin de l’été, ils redescendaient pour aider à la récolte et à la fenaison aux hameaux intermédiaires et puis vers la Toussaint, au moment des premières neiges, tout le monde se rapatriait aux villages permanents pour y passer l’hiver. La saison des neiges était la saison des travaux d’intérieur, de la confection de vêtements et des outils, ou pour certains la saison pour gagner sa vie ailleurs. « 9 mois d’hiver, 3 mois d’enfer », c’était le dicton des paysans des Alpes car la saison des travaux agricoles était courte et intense.

Aujourd’hui, ce mode de vie est abandonné depuis bien longtemps. Les terrasses de seigle ne sont plus cultivées depuis les années 1960. Les plus hautes, vers 2000 m d’altitude, ont été abandonnées dès le début du XXème siècle. Seuls les potagers persistent, même si les gens n’en dépendent plus pour leur survie. Ceux qui ont des bêtes en alpage les confient à un berger ou montent les garder à la journée. Les vacanciers ont investi les hameaux d’alpage.

L’architecture de la maison traditionnelle

Lors d’une balade, cherchez à retrouver ces quelques éléments typiques des maisons du pays de la Meije.

Traditionnellement, les maisons étaient construites avec des pierres récupérées dans les lits de rivières car du Moyen Âge à la fin du XIXème siècle la vallée était pratiquement dépourvue de forêts. Ces maisons en pierres naturelles étaient relativement petites et par conséquent, chaque famille ne pouvait garder que quelques bêtes durant l’hiver. Bêtes et hommes se partageaient le rez-de-chaussée, les foins étaient stockés à l’étage. Les pignons présentaient parfois des ouvertures triangulaires pour assurer une aération qui favorisait le séchage.

Les caractéristiques pignons en escalier dits « pignon à redents » permettaient un accès facile et rapide à la cheminée, aussi bien pour faciliter le ramonage que l’extinction rapide des feux. Les incendies ravagèrent les villages et les hameaux du canton à plusieurs reprises, aussi bien on trouve peu de maisons qui datent d’avant le XVIIIème – XIXème siècle. Mais qu’en est-il de ces pierres datées parfois des siècles précédents ?

Ces « pierres millésimées » étaient souvent réutilisées quand on reconstruisait une maison, certaines ont été posées lors d’un agrandissement ou d’un changement de propriétaire. Elles ne représentent donc pas un moyen sûr pour dater la construction.

Les maisons d’altitude étaient généralement basses, construites au ras du sol et regroupées pour se protéger des vents violents. A côté de la maison d’habitation se trouvait souvent une « chambre », une toute petite maison individuelle, posée à l’écart de la maison principale, probablement pour sauver les provisions et les possessions de valeur en cas d’incendie.

Le petit balcon qu’on voit souvent sur le mur qui est face au soleil servait à faire sécher les « bleytes », briquettes de crottes. Gardez les yeux ouverts, vous en trouverez peut-être encore.Dans ce pays pauvre en bois il fallait se rabattre sur un combustible alternatif. Quoi de plus naturel que les crottes de brebis, énergie renouvelable de nos ancêtres. Tassés, découpées en carrés et séchées sur des petits balcons en face sud des maisons traditionnelles, les « bleytes » servaient ensuite à chauffer les poêles. Seul inconvénient, une légère odeur à la combustion. Les bleytes ne dégageaient pas assez de chaleur pour chauffer les fours communaux. Par conséquent, on se limitait à une fournée de pain par an. Le pain bouilli ou pain noir, se conservaient toute l’année, mais on n’en faisait pas des tartines au beurre après les deux premières semaines. Avant de le croquer, une bonne trempette était de rigueur.

Suggestions de balades à pied ou à vélo pour découvrir le patrimoine des alpages

La Grave et ses hameaux sont classés parmi les Plus Beaux Villages de France. Plusieurs balades permettent de découvrir le patrimoine et l’architecture des villages et des hameaux du canton. Possibilité de démarrer du village/hameaux de votre choix !

À pied :

Demi-journée :

  • Ventelon – les Clots – la Celle des Juges – Ventelon, env. 3 km, 260 m de dénivelé.
  • La Grave – les Terrasses – l’oratoire du col de Portes – les Clots – Ventelon – La Grave, env. 5 km, 450 m de dénivelé.
  • Villar d’Arène – les Cours – le Pied du Col – Villar d’Arène, 10 km, 290 m de dénivelé.

Journée :

  • La Grave – Les Terrasses – les Clots – la Celle des Juges – les Hières – Valfroide – l’Aiguillon – les Cours – Villar d’Arène – La Grave, env. 15 km, max 850 m de dénivelé. Possibilité de raccourcir en suivant la route entre les Terrasses et les Hières.
  • Sentier Paul Louis Rousset
  • Sentier des Mules, plateau d’Emparis

À VTT :

  • Le Grand Tour du Canton à partir de La Grave, Villar d’Arène ou le Chazelet, à VTT ou VTT à assistance électrique, 30 km, 980 m de dénivelé. Possibilité de raccourcir le parcours.
  • Les hameaux de Villar d’Arène, circuit VTT assez facile, 10 km 290 m de dénivelé.

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