Marins des Cimes au féminin – six navigatrices du Vendée Globe se retrouvent en Clarée

Pour la 5e fois le Refuge Buffère invite les navigatrices du Vendée Globe à passer quelques jours dans leur refuge, niché dans un beau vallon d’alpage au-dessus de La Clarée, pour découvrir le ski de randonnée et les paysages haut-alpins. Cet événement est placé sous le signe du partage entre marins et montagnards.

Claude Devalle, gardien du refuge durant 30 ans avant de laisser les rênes à son fils Guillaume l’automne dernier, déclare que c’est un plaisir et un honneur d’accueillir encore une fois les navigatrices de la célèbre course autour du monde. Cette année, il y a Miranda Merron, Clarisse Cremer, Alexia Barrier, Isabelle Joschke et Samantha Davies là-haut. Pip Hare, habitant en Angleterre, n’a malheureusement pas pu se joindre à elles. Claude a imagin,é ce moment de partage avec la marraine de l’évènement depuis la 1ère édition, Sylvie De Ligondes, qui habite Briançon et la Bretagne.

Certaines des navigatrices participent depuis le début, d’autres le découvrent cette année. Isabelle en est à son 5e passage en Clarée, pour Clarisse et Sam c’est la 3e fois alors que pour Alexia et Miranda, c’est la première fois qu’elles participent. « Je suis ravie, c’est une vraie bouffée d’air frais » déclare Miranda, qui n’a pourtant pas dû en manquer durant sa course.

Les navigatrices se retrouvent pour découvrir le milieu montagnard et le ski de randonnée, cette année en compagnie de Jean Luc Begou, guide de haute montagne qui se dit ravi de leur niveau de ski et de leur enthousiasme aussi bien pour la randonnée que pour les stages d’avalanche.

L’élément principal de l’événement est tout de même les rencontres et le partage, entre navigatrices ainsi qu’entre pratiquants de la mer et de la montagne. « C’est super de se retrouver entre skippers », dit Clarisse. « Pendant la course, nous avons peu d’occasions pour nous retrouver et même échanger ». Elles se côtoient depuis des années dans le milieu de la voile et de la course au grand large, mais ceci est un temps de rencontre plus intime. Elles ont enfin le temps d’échanger sur ce qu’elles ont vécu pendant la course, se raconter les malheurs et les astuces. « Pendant la course on se sent seule », dit Isabelle, « mais là on se rend compte qu’on n’est pas si seules ! » Même si elles pratiquent un sport très solitaire, elles savent travailler en équipe car sans leurs équipes de soutien et de préparation elles ne pourraient pas prendre le départ du Vendée Globe. Pour cette édition de la course, elles avaient créé un groupe whatsapp où elles ont échangé entre femmes navigatrices durant leur périple autour du monde. Même si c’est une compétition elles savent être solidaires, se serrer les coudes et s’encourager. Et quand elles se rencontrent elles ont plein d’histoires à se raconter. Elles discutent des basiques de la nourriture qu’elles avaient prévu pour la course, du froid et des vêtements qu’ont fonctionné ou pas.

Il y a des traits communs dans leurs histoires : elles ont toutes fini la course, elles ont toutes aimé même si elles en ont bien bavé, elles ont vécu des difficultés liées à la météo dans la mer du sud et elles sont toutes fières d’elles.

Cet événement c’est une occasion pour elles de se retrouver mais aussi d’échanger avec les habitants d’un milieu si différent mais si proche quand même, de partager les expériences de deux pratiques similaires, la mer et la montagne. Elle se sont vite senti à l’aise chez les montagnards.

Si elles doivent identifier un point commun entre ces deux milieux à la fois similaires et opposés, c’est le fait que tout est dicté par la météo et par les conditions. Il faut beaucoup d’humilité, de respect pour mère nature et une grande autonomie. En mer, elles sont rodées. Ici, elles connaissent peu, alors elles se laissent guider par les experts de la montagne.

Pour elles, le fait qu’elles soient toutes rassemblées ici prouvent qu’elles peuvent vivre des aventures extraordinaires ensemble aussi. C’est une belle continuité avec ce qu’elles ont vécu pendant le Vendée Globe. L’équipe du refuge Buffère, Guillaume Devalle, sa compagne Aude Francou, Nadette et Claude Devalle, prévoient déjà de faire perdurer la tradition l’année prochaine.

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